Quels sont les 5 outils pour bien utiliser son compte de résultat ? Avant toutes choses, je rappelle un schéma synthétique du compte de résultat qui est décomposé comme suit :

Afin d’optimiser votre compte de résultat, il existe 5 principaux outils qui permettent d’ajuster votre compte de résultat, et permettre d’avoir une réalité économique de votre activité. Bien évidemment, ce sont des outils qui peuvent permettre de « cacher » ou limiter l’impact de résultats négatifs, à l’inverse de limiter la performance du résultat (pour réduire l’impôt sur les sociétés – IS).

Outil 1 : Piloter vos en-cours et production stockée !

L’objectif des en-cours est de mettre en avant l’avancement de votre production sur la fabrication d’un produit. Il y a deux paramètres : le temps de production multiplié par le coût de production interne.
– Le temps de production : c’est le temps que vous avez passé à fabriquer le produit.
– Le coût de production c’est le prix de revient interne que vous avez évalué (l’unité de mesure peut-être l’heure, le jour ou autres en fonction de votre activité).

Les astuces :

Le temps de production doit être estimé au moment de l’inventaire de l’année. Bien évidemment, il est difficile pour un expert comptable (qui vient rarement le jour de l’inventaire) ou un commissariat au compte (qui a l’obligation d’être présent et contrôler l’inventaire) d’évaluer le temps passé sur la fabrication d’un produit. Donc, à vous « d’ajuster » le temps de production réel dans la fabrication du produit.

Attention, si vous passez trop de temps à concevoir votre produit, vous risquer de ne plus être rentable et perdre de l’argent.

Le coût de production interne ou prix de revient interne doit être évalué chaque année dans l’entreprise. En revanche, il est fréquent que les experts comptables ne changent pas la méthode de calcul et garde un prix de revient interne qui ne représente pas la réalité.

– S’il est trop élevé : deux possibilités s’offrent à vous, soit vous avez peu de résultat et vous souhaitez maintenir ce niveau élevé pour maintenir un résultat net positif, soit vous souhaitez vendre votre société et vous améliorer la valeur de votre stock.

– S’il est trop faible : deux possibilités s’offrent encore à vous, soit vous avez suffisamment de résultat et vous ne souhaitez pas augmenter vos résultats d’exploitation et avoir plus d’impôt sur les sociétés, soit vous ne souhaitez pas augmenter la valeur de votre stock afin de ne pas détériorer votre BFR. Vous trouverez la définition du BFR dans l’article suivant : « QUELS SONT LES INDICATEURS DU BILAN ? BFR, FRNG, ET BIEN D’AUTRES ».

Pour la production stockée, c’est le même raisonnement sauf que vous avez fini la fabrication et vos produits sont juste stockés.

Outil 2 : Valoriser le temps que vous passez pour la fabrication de vos propres produits par la production immobilisée !

La production immobilisée c’est le résultat du temps que vous passez pour concevoir, fabriquer, … un outil ou un produit pour vous-même. En effet, si vous utilisez de la matière première, du « temps homme » interne, des services extérieurs qui apparaissent dans vos charges d’exploitation (Block rouge), vous avez la possibilité de valoriser ces travaux.

Par exemples :
– Fabrication d’un espace de bureau et ce sont les équipes qui peignent les murs, installent les cloisons, …
– Développement d’un logiciel pour vous même, tel qu’un CRM ou logiciel pour une machine qui sera utilisé uniquement par votre société et ne sera pas vendu.

Les astuces :

Identifier les outils que vous créez pour vous-même et ensuite, évaluez le coût de la fabrication de cet outil (cela doit compenser des charges d’exploitation de l’année) et positionnez les comme un produit immobilisé (Block Bleu) dans votre compte de résultat et cela réalisera une augmentation de vos résultats.

Attention n°1, si vous augmentez vos résultats, vous augmentez l’impact fiscal en impôt sur les sociétés (IS). Cependant, vous ne réalisez pas de « cash in » nouveau. Donc, attention à utiliser cet outil en connaissance de cause.

Attention n°2, quand on créé un produit immobilisé, vous créez un actif immobilisé qui doit s’amortir sur plusieurs années. Donc, pour l’année en-cours vous améliorez votre résultat mais les autres années c’est une dotation aux amortissements donc une charge (block rouge) qui vendra réduire votre résultat sur plusieurs année. Ce qui vous permettra de faire des économies d’IS ou détériorer votre résultat.

Outils N°3 : Faites votre état de stock au moment ou vous en avez le moins !

Le compte de résultat représente les charges et les produits que vous avez eus sur une année. L’objectif est de permettre à l’administration fiscale de pouvoir appliquer un IS et d’avoir des informations économiques des entreprises pour évaluer le PIB et PNB du pays par la somme des valeurs ajoutées des entreprises. Vous trouverez le calcul de la valeur ajoutée dans mon article : « A QUOI SERVENT LES SOLDES INTERMÉDIAIRES DE GESTION : SIG ! » 

Les astuces :

Faite votre inventaire au moment où vous avez le moins de stock et quand vous avez le plus facturé. En effet, si vous avez moins de stock c’est que vous avez réussi à vendre vos produits et que vous recevez des commandes, vous permettant de facturer vos clients. Dans ce cas, vous avez à la fois, un niveau de chiffre d’affaires le plus haut et un niveau de « cout d’achat de marchandise vendu » le plus optimum. Cela signifie qu’entre vos ventes et ce cout d’achat de marchandises vendues vous avez une marge brute la plus élevée.

Grâce à cette marge brute (même si vous n’avez pas encore reçu l’encaissement de vos clients) vous allez pouvoir donner une image financière la plus valorisante de votre entreprise.

Attention N°1, si vous diminuez le volume des stocks dans votre bilan, vous allez augmenter le montant de votre poste clients si vous êtes payé à 30 jours fin de mois par exemple. Donc, vous détériorez votre BFR. En revanche, vous allez augmenter votre résultat pour améliorer vos fonds propre et financer cette augmentation de BFR. Vous trouverez les mécanismes du bilan dans mon article : « COMPRENDRE LE BILAN COMPTABLE D’ENTREPRISE » 

Attention N°2, comme vous l’avez compris, optimiser le choix de la date de votre clôture de compte est essentiel. En conséquence, vous augmentez vos résultats donc vous augmentez l’IS.

Outil N°4 : Utilisez les provisions pour risques et charges !

Comment fonctionne les provisions pour risque et charges ? Dans l’année d’exploitation vous avez rencontré des difficultés de différents niveaux :
– non paiement d’un client,
– risque social si par exemple vous êtes assignés au tribunal des prudhommes,
– départ en retraite d’un collaborateur donc le paiement des indemnités du départ en retraite,
– dépréciation de stock suite à un retournement de marché,
– …

Il existe de nombreux risques qui pèsent sur l’entreprise. Donc, vous avez la possibilité de « passer » une provision qui risque de vous impacter soit dans l’année en-cours soit sur les années à venir.

Les astuces :

Cette provision vous permettra :
– de réduire sur l’année en cours votre résultat et cela vous permettra de faire des économies d’IS (si vous êtes bénéficiaires),
– de créer une charge sans sortir de « cash out »,
– d’augmenter vos fonds propres car les provisions sont stockés ensuite dans les fonds propre de l’entreprise.

Attention n°1, les provisions sont réglementées et vous ne pouvez pas identifier des provisions qui n’ont pas de sens. Si vous passez une provision qui ne répond pas aux exigences des services fiscaux, vous allez avoir une provision mais vous serez soumis à l’IS malgré tous.

Attention n°2, une provision n’a pas vocation à rester plusieurs années dans votre entreprise. C’est un moyen de subir une charge à venir sans paiement d’IS dans l’année en-cours.

Outil N°5 : N’oubliez pas d’utiliser les outils d’aides aux entreprises !

Si vous êtes une entreprise innovante, vous avez une liste importante d’outils vous permettant de financer en partie vos travaux de recherche ou de développement produit. C’est pour ces mêmes raisons que les centres de recherche de Google et Amazon par exemple, s’installent en France.

Les astuces :

Pensez à utiliser :

 le statut de la « jeune entreprise innovante » (JEI)

 l’aide à la recherche : « crédit d’impôt recherche » (CIR)

 l’aide au développement produit : « crédit d’impôt innovation » (C2I)

 le « crédit d’impôt compétitivité et emploi » (CICE)

 le « sur-amortissement » si vous avez des résultats positifs (loi Macron jusqu’en avril 2017).

Et ce sont des aides qui se cumulent !

Je ferai un article spécifique de tous ces types d’aides que vous pouvez utiliser dans votre entreprise.

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