Quels sont les 6 outils pour financer son besoin en fonds de roulement ! Avant toute chose, je souhaite rappeler que vous trouverez la définition du Besoin en fonds de roulement (BFR) dans mon article : « QUELS SONT LES INDICATEURS DU BILAN ? BFR, FRNG, ET BIEN D’AUTRES ! » 

Quand on parle du BFR, on parle principalement :
– stocks,
– créances clients,
– dettes fournisseurs,
– et des dettes fiscales et sociales.

Donc, les 6 outils pour financer son besoin en fonds de roulement vont être de jouer avec ces quatre postes !

En effet, si votre BFR qui est positif l’entreprise devra financer ce BFR. S’il est négatif, c’est-à-dire que vous avez plus de dettes fournisseurs que de stocks et de créances clients, cela devient une ressource. C’est une situation qu’on peut retrouver dans les sociétés de la grande distribution. En revanche, ce n’est pas la majorité des structures financières des entreprises.

Vous trouverez aussi toutes les analyses du BFR dans l’ouvrage ci-dessous qui précise que le BFR est un outil de la stratégie de l’entreprise et on doit apporter une vision stratégique du BFR (page 1060 – 1069)

Les 6 outils pour financer votre BFR :

Outil N°1 : Réduire son stock !

La première ressource de financement est de ne pas dépenser. En effet, le fait de réduire ses stocks permet de ne pas mobiliser de l’argent. Plus vous avez de stock, plus vous immobiliser de l’argent.

De plus, la valeur d’un stock évolue et si vous ne faites pas assez tourner votre stock vous risquez de déprécier la valeur de votre stock donc de consommer de la liquidité pour rien !

Avoir un stock est une position stratégique, car cela vous offre :
– une réactivité pour répondre à des clients,
– maitriser de la matière première face à des concurrents,
– être le premier sur un produit et être le premier à le mettre en vente sur un marché,
– …

Il y a de nombreuses raisons stratégiques pour avoir un stock important. En revanche, il est souvent fréquent que ce soit un stock de confort, ou que vous souhaitez occuper les équipes de production et en conséquence vous créez du stock même si vous n’avez pas encore vendu vos produits.

Essayer de limiter votre stock à la réalité économique de votre marché et non en fonction de vos charges de personnelle ou de vos équipements. Si vous avez des marchés saisonniers, je vous invite à avoir une entreprise « flexible » et limiter votre « staff » au moment le plus opportun !

Donc, pour réduire vos stocks :
– Anticiper avec vos clients, maitriser la commande avant l’achat ou la production d’un produit,
– Travailler en flux tendu. C’est-à-dire, réduire le délai entre la commande et la livraison clients,
– Adapter votre activité en fonction des périodes de commande (saisonnalité),
– Dans certain cas, sous-traiter la production pour ne pas subir des charges inutilement en période basse.
– Développer des contrats cadre avec des fournisseurs.

Outil N°2 : Financer son stock !

Si vous ne pouvez pas réduire vos stocks pour les raisons suivantes :
– vous devez faire des achats de matières premières une fois par an,
– vous devez faire un achat en gros pour améliorer votre marge brute,
– c’est un élément stratégique face à vos concurrents,
– vous voulez maitriser un marché et empêcher de nouveaux entrants,

Dans ce cas, vous devez chercher à financer votre stock. Il existe des sociétés spécialisées, mais aussi des banques, qui financent le stock.

Quand on parle de financement de stock, il faut bien imaginer que les banques financent des stocks dits « certains » ou qui ne se déprécient pas. Si non, ces partenaires financiers financeront avec une décote ou à un coup du risque plus important (un taux plus élevé). Par exemple, si vous vendez des ordinateurs Apple, vous avez un stock qui a une forte valeur et qui ne se dépréciera peu, donc le coup du risque sera plus faible et sera finançable plus facilement.

Outil N°3 : Réduire les délais de paiement des clients

Cela peut paraître une évidence, mais si vous accordez des délais de paiement à vos clients, vous allez jouer le rôle d’une banque. Cependant, les délais de paiements sont des éléments stratégiques pour une bonne relation clients et c’est souvent dans les conditions d’achat de nombreux clients (exemple : 30 jours fin de mois, …).

Le délai de paiement est indiqué dans vos conditions générales de vente. Cependant, il faut indiquer les conditions les plus favorables pour vous et si vous négociez un délai de paiement, vous indiquerez sur votre facture une « condition particulière ».

Plus vous accorderez de délais de paiement plus vous développerez un risque d’impayé. En effet, il est rare qu’un client paye à échéance (Seulement 36 % des clients payent à échéance selon une étude de la société Altares, page 1063 « Finance d’entreprise 2017 » édition Dalloz). Cela implique une relance client, donc du temps et donc de l’argent.

Encore une fois c’est une décision stratégique, mais si vous pouvez réduire le délai de paiement soit par négociation, soit en changeant votre modèle économique, … (trouver dans votre secteur d’activité le moyen de réduire ce délais de paiement), vous allez pouvoir améliorer de façon significatif la situation de votre trésorerie.

Outil N°4 : Le financement des postes clients

Quand vous ne pouvez pas accorder de délais de paiement, car :
– votre client exige un délai de paiement,
– vous travaillez avec un grand compte et c’est sa politique d’achat,
– c’est une « habitude » du secteur d’activité,
– vous ne pouvez changer votre modèle économique.

Dans ce cas, vous avez la possibilité d’utiliser des financements de vos dettes clients. En effet, il existe des financements du poste clients qui sont :
– L’escompte
– L’affacturage
– Le Dailly
– Les crédits de trésorerie
– « Découvert autorisé »

Je proposerais bientôt un article sur ces différents modes de financement du poste client.

Outil N°5 : Augmenter les délais de paiement fournisseurs

C’est la même philosophie stratégique que celle avec les créances clients. Dans ce cadre, vous repoussez le paiement de vos fournisseurs. Soit vous négociez des délais plus longs de paiement soit vous imposez un délai plus long. Dans ce dernier cas, vous allez attendre une à deux relances de votre fournisseur avant d’effectuer le paiement.

Est-ce moral ? Certainement pas ! C’est pourquoi je vous invite à travailler en amont avec vos fournisseurs pour bénéficier de délais de paiement plus long.

Il est fréquent de voir dans les bilans de PME des dettes fiscales et sociales importantes. Je vous invite à jouer avec prudence avec les services fiscaux et sociaux. Je souhaite vous alerter car, par exemple, si vous ne réglez pas les charges sociales de l’Urssaf (au mois ou au trimestre), vous allez avoir dans le mois qui suit une assignation au tribunal de commerce pour mise en redressement ou liquidation judiciaire. Cela va vous consommez du temps et de l’argent. Donc, n’utilisez le tribunal de commerce qu’en dernier recours de solution pour bénéficier d’un étalement de vos dettes fournisseurs, fiscales et sociales grâce à un redressement judiciaire.

Outil N°6 : Augmenter ses fonds propres

En effet, dans mon article : « LES 5 RAISONS DE RENFORCER LES FONDS PROPRES DE SON ENTREPRISE ! » , vos fonds propres sont un outil de prise de décision (Raison N°1) dont l’accompagnement de l’augmentation de votre BFR.

Comment augmenter vos fonds propres ? Il existe plusieurs moyens et je les ai classés du plus simple au plus difficile :
– Faire du résultat positif et conserver les bénéfices dans l’entreprise,
– Faire un apport en compte courant bloquer,
– Solliciter des quasi-fonds propres,
– Augmenter son capital (En actions, en primes d’émission ou en obligations convertibles),
– Trouver des subventions à l’investissement (très rare !).

Il existe un dernier outil qui sont les provisions pour risques et charges. C’est un outil généralement utilisé par les ETI (Entreprises de Tailles Intermédiaires) ou les grands groupes. En effet, le fonctionnement est de pouvoir réaliser des provisions dans votre compte de résultat (donc vous allez diminuer vos résultats mais vous réalisez des économies d’impôts sur les sociétés) et ensuite, ces provisions sont inscrites dans les fonds propres car ces fonds n’ont pas vocation à perdurer dans le temps et l’objectif est d’anticiper des dépenses à risques pour l’entreprise (risque d’impayé de clients, risque prud’homal, préparation au départ en retraite, …). C’est un outil pratique mais qui demande d’avoir des résultats positifs et d’avoir une vraie maitrise de ses risques pour l’entreprise.

Pour conclure, le BFR est la raison principale de défaillance de gestion des entreprises. Il faut prendre conscience que la relation clients et fournisseurs sont des enjeux cruciaux pour vos activités et pour vos équilibres financiers. Donc, n’accordez pas facilement des délais de paiement à vos clients et sachez négocier avec vos fournisseurs et surtout, constituez un stock UTILE !

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